Le luxe en quête de talents

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Les métiers de la mode sont accessibles à partir d'un CAP. LP/Frédéric Dugit


Via Le Parisien

 

Des « petites mains » aux visuels merchandisers qui cherchent à optimiser les ventes, le luxe offre de nombreuses opportunités d’emplois.

Année phénoménale », « exceptionnelle », « record »… Lors de la présentation de leurs résultats 2017, en janvier, février et mars derniers, les PDG de LVMH (maison mère de Louis Vuitton, Moët Hennessy et propriétaire du « Parisien-Aujourd’hui en France »), de Kering (Gucci, Saint Laurent, Balenciaga, Boucheron), et d’Hermès ont usé de superlatifs.

Bond des ventes, hausse des bénéfices, marges confortables, 2017 a effectivement été une très bonne année pour l’industrie du luxe et pour l’emploi. Avec 13 500 projets de recrutements en 2018, LVMH est la 3e entreprise qui embauche le plus en France, derrière McDonald’s et la SNCF, selon le classement du Figaro et Cadremploi. De quoi susciter des vocations.

Les métiers de la fabrication constituent une des meilleures portes d’entrée dans le secteur. « L’industrie du luxe est très attachée au made in France. Elle délocalise peu, et quand elle le fait, c’est parce que le savoir-faire s’est perdu », explique Chantal Fouqué, directrice de La Fabrique, école de la mode et de la décoration à Paris.

 

Chanel, Vuitton, Hermès... embauchent

Chanel, pour s’assurer une production 100 % française, a racheté les différents ateliers à qui elle déléguait la confection de ses accessoires : le chapelier Maison Michel en 1996, le bottier Massaro, la broderie Maison Lesage et le gantier Causse en 2002.

Louis Vuitton, quant à lui, ouvre de nouveaux ateliers : une quinzième manufacture, en juin prochain, à La Merlatière, en Vendée, et une autre, en décembre, à Sainte-Florence, dans le même département. « Pour ces sites, nous allons embaucher 500 personnes d’ici 2 ans », a annoncé Emmanuel Mathieu, directeur industriel de la marque, fin mars, lors d’une visite à Sainte-Florence.

Hermès, qui embauche entre 150 et 200 artisans par an, s’agrandit aussi. Ses 39e et 40e ateliers ouvriront en 2020 en Gironde et en Seine-et-Marne, avec à la clé 500 embauches. Ces métiers de « petites mains » — modéliste, coupeur, piqueur monteur en maroquinerie, couturière, brodeuse, dentellière, et plumassière pour la haute couture ou encore bottier et chapelier — sont accessibles aux diplômés d’un CAP (maroquinerie, métiers de la mode, art de la broderie, cordonnier bottier, chapelier-modiste).

La Fabrique est une des écoles ayant pignon sur rue. Sept mois après leur sortie, plus de 80 % des diplômés sont en poste. Une fois l’emploi décroché, la formation va continuer pendant six mois dans les ateliers dédiés des « grandes maisons ». Après avoir bien appris le métier, deux évolutions possibles : devenir chef d’atelier ou directeur formation et apprentissage.

 

Des compétences en marketing, vente et mode

Les métiers du merchandising sont aussi une excellente porte d’entrée dans le secteur. En boutique, le visual merchandiser « accompagne et forme les vendeurs sur la présentation et la mise en place des produits », en vue d’optimiser les ventes, définit l’Association pour l’emploi des cadres (Apec). Il s’occupe d’une boutique au départ, puis de plusieurs, jusqu’à devenir responsable merchandising au siège.

Anciennement rattachés au marketing, ces métiers occupent désormais un service à part entière, stratégique dans les industries du luxe. Sur les sites « carrière » de Chanel et de Kering, une offre d’emploi sur cinq concerne ces postes.

Les maisons cherchent des profils aux doubles compétences : un diplôme d’école de commerce pour les connaissances en marketing et vente, doublé d’une formation en mode pour la connaissance des produits. Plus de 90 % des diplômés du master mode et merchandising de la Fabrique sont en poste six mois après leur sortie.

 

Des postes à saisir dans le digital

Deux exemples de profils recherchés dans le secteur du luxe, version high-tech :

Le CRM manager (customer relationship management), récolte toutes les données (data) disponibles sur les clients (ventes dans les magasins, trafic sur les sites Internet des marques), les analyse, pour ensuite organiser des campagnes et des services (newsletters, recommandation de produits) destinés à fidéliser les clients et en attirer des nouveaux. Niveau exigé : bac + 5 avec une spécialisation en e-marketing.

Le e-merchandiser, lui, est chargé de développer les ventes sur le site Web de la marque, en mettant en valeur les produits (graphisme du site), en améliorant l’expérience client et en facilitant l’acte d’achat. Niveau : bac + 5 en marketing digital ou en e-commerce.

Mardi 24 juin 2018