Changer de métier, une idée qui fait son chemin

En 2017 les Français étaient 64 % à vouloir changer de métier.
En 2017 les Français étaient 64 % à vouloir changer de métier.


Via CCI Paris

 

 

Exit l’ambiance aseptisée des bureaux parisiens. Bye bye les fonctions cloisonnées dans lesquelles on ne se retrouve plus…Lassés, démotivés par des jobs qui laissent de moins en moins de place à l’expression personnelle, de plus en plus de salariés choisissent de se tourner vers les métiers manuels pour redonner un sens à leur vie professionnelle. La Fabrique, l’école des métiers de la mode et de la décoration de la CCI Paris Île-de-France, forme ainsi de plus en plus de « néo-artisans » et les aide à réussir leur projet de reconversion.

 

 

 

« Le phénomène des néo-artisans ne date pas d’hier, mais l’on sent une nette accélération du nombre de projets de formation de ce type dans notre école depuis deux ans », précise Marie-Eugénie GRELAUD, chargée d’étude et de communication digitale à La Fabrique

En 2017,  les français étaient 64 % à vouloir changer de métier sans avoir encore sauté le pas, selon une étude de l’INSEE. 
« Au-delà des reconversions classiques de « milieu de vie » que nous avons l’habitude d’accueillir et d’accompagner, nous observons depuis quelque temps que de plus en plus de jeunes adultes nous rejoignent, à la recherche de formations manuelles et de qualité. Cette nouvelle population nous a amenés à ouvrir des formations dédiées à ce public de jeunes adultes », souligne Chantal Fouqué, directrice de La Fabrique.

De nouvelles aspirations dans le travail

Et contrairement à bien des idées reçues, « les candidats ont, bien souvent, murement réfléchi leur démarche » ajoute Michelle GOUTAGNY, chef de projet Innovation et prospective au sein de l’école : « La reconversion est un projet qui demande réflexion, elle ne se fait pas sur un coup de tête. Il existe certes des reconversions forcées à cause d’accidents professionnels (perte d’emploi, plan social, restructuration, …) mais cela ne représente qu’un quart  des reconvertis quand le choix volontaire s’élève à 55 %. » 
La reconversion correspond le plus souvent à de nouvelles aspirations de travail plus en adéquation avec des envies et des valeurs personnelles. 

Une activité manuelle pour se ré-ancrer dans la réalité 

« Ça me faisait vraiment plus rêver. J’avais l’impression de pondre des rapports toute la journée et je me disais : mais qu’est-ce que ça veut dire, qu’est-ce que tu auras appris au bout de 40 ans ? », souligne Stéphane (formé au CAP tapisserie d'ameublement siège) lorsqu’il évoque son ancienne activité.

A la Fabrique, des dizaines de jeunes et d’adultes ont, comme Stéphane,  décidé de sauter le pas pour se former aux métiers manuels dans la tapisserie, la décoration d’intérieur ou la maroquinerie. (Comment ont-ils réussi leur reconversion ? voir nos témoignages vidéo)

« Travailler avec ses mains la matière, les matériaux,  c’est pour eux  une façon de se ré-ancrer dans la réalité. En réalisant des choses de A à Z, ils ont une vision concrète de l’utilité de leur métier», souligne Marie-Eugénie GRELAUD.

« Pour s’épanouir dans leur travail, ces personnes sont aussi prêtes à faire des sacrifices personnels car elles ont parfaitement conscience qu’il s’agit là d’un métier passion, qu’elles y passeront plus de temps que leur 35 h hebdomadaires. Mais comme me le disait un jour une personne que nous avons formée: maintenant, je n’ai plus l’impression de travailler, j’ai l’impression de m’amuser tous les jours ! », ajoute Michelle GOUTAGNY.

Les métiers « manuels » ont aussi un autre bienfait : le contact humain. Fabriquer quelque chose pour quelqu’un, cela implique des relations humaines. Relations qui font parfois défaut dans d’autres sphères professionnelles. Si la plupart des « reconvertis » choisissent de travailler d’abord auprès d’un artisan en s’appuyant notamment sur le réseau de l’école, beaucoup espèrent aussi se mettre un jour à leur compte. 

90% des élèves trouvent un emploi en fin de formation

Se reconvertir dans les métiers de la mode et de la décoration est aussi un choix stratégiquement intéressant ! Au-delà de leurs aspects purement créatifs, la mode et la décoration représentent aujourd’hui un secteur économique particulièrement dynamique : les savoir-faire traditionnels français jouissent d’une renommée internationale intacte et le développement de techniques innovantes associées à la fashion tech lui ouvre des perspectives ambitieuses. Les entreprises embauchent et embaucheront davantage demain. «  Il y a notamment un renouveau du marché de la décoration sur Paris » souligne Michelle GOUTAGNY « De plus en plus de marchands de bien font par exemple appel à des décorateurs pour transformer des appartements haussmanniens et les positionner sur le marché du tourisme de luxe ».

Preuve s’il en est de la bonne santé de ce secteur, à La Fabrique, près de 90 % des élèves trouvent un emploi dans les six mois suivant leur formation.

Lundi 10 septembre 2018